Chapitre 1
Tout commença lorsque je n'étais encore qu'une enfant. Magnifique, j'avais de longs cheveux blond vénitien qui m'arrivaient au niveau des reins et de splendides yeux verts légèrement en amande. Nombreuses personnes disaient à ma mère qu'elle avait mis au monde la plus jolie des petites filles. En plus, j'avais en moi la puissance de la joie de vivre. Heureuse, je passais mon temps à sourire et à discuter avec les personnes qui m'entouraient.
Le jour de mes dix ans, mon tonton vint me chercher pour dormir chez lui avec mon petit cousin Germain comme je le faisais si souvent. J'acceptai. Je courus vite enfiler ma plus belle robe et préparer mes affaires. Lorsque j'arrivai chez lui, il y avait énormément de personnes qui m'étaient inconnues et ils m'attendaient car, mon tonton était extrêmement fier de moi et souhaitait me présenter à tous ses amis. Un jeune garçon d'à peine 15 ans commença à me taquiner comme de nombreux garçons le faisaient avec moi. Il s'appelait Guillaume. Durant la soirée, j'appris qu'il était un de mes cousins et que nous nous étions perdus de vue car il s'était fait enlever et qu'il avait été retrouvé au bout de deux ans. Il avait des cheveux bruns, les yeux marron, et le visage couvert de ces boutons de jeunesse, que, moi-même, je n'aurai jamais. Germain, Guillaume et moi décidions alors de jouer à cache-cache. Lors d'une partie où mon cousin devait nous chercher, Guillaume me prit discrètement par la main et me demanda alors d'aller dans le jardin pour qu'on ne joue que tous les deux. J'acquiesai de la tête. Nous nous enfuîmes alors en courant. Après quelques minutes où nous nous cachâmes pour que Germain ne nous trouve pas, nous décidâmes d'aller dans le bois pour jouer aux indiens. Lorsque nous partîmes de la cachette, je pus m'apercevoir qu'il sentait un parfum étrange avec une senteur exotique. Nous arrivâmes au bois. J'étais terrifiée par ce bois rempli de nombreux insectes ou d'autres bêtes que je n'osais imaginer. Je serrai la main de Guillaume dans la mienne deux fois plus fort. Nous arrivâmes devant deux grands arbres cote à cote. Il me dit alors que c'était là que nous jouerions. Je fus la première à être prisonnière. Guillaume m'attacha la main droite à un arbre, puis ma main gauche à un autre et ainsi de suite jusqu'aux deux pieds. Il tourna alors autour de moi en criant comme les indiens. Cela m'amusait énormément de le voir gesticuler comme cela mais j'étais toujours mal à l'aise à l'idée qu'un monstre vienne le dévorer et me dévore ensuite. Soudain, il s'arrêta. Il s'assit en tailleur et me regarda droit dans les yeux. Il me demanda alors si je savais comment on faisait un bébé. Stupéfaite, je lui bafouillai que non. Un interminable silence eut alors lieu. Et après quelques minutes je lui proposai gentiment qu'il me détache et que ce soit lui qui fasse le prisonnier mais il fit non de la tête. Il frappait doucement la paume de sa main avec une branche de bois tout en me regardant. Il s'avança lentement vers moi et me chuchota au creux de l'oreille que toute prisonnière devait subir une sentence. Je sentis alors mon c½ur s'accélérer. Il se mit à me caresser le bras, puis les fesses. Il me regarda avec fierté et prit plaisir à me voir paniquer. Il m'affirma alors que j'allais enfin savoir comment on faisait les bébés. Il s'agenouilla devant moi, me souleva ma robe et déchira ma culotte violemment. Je senti le long de mon si jeune visage une larme couler. Il enleva son pantalon puis son caleçon. Il s'approcha de moi et me pénétra. Je ressentis en moi une douleur m'envahir. Je ne pus crier tellement la souffrance étais forte. Je pleurais et lui, souriait. Il se retira. Il me regarda et me garantit que ce n'était que le début. Il prit alors la branche de bois de ses deux mains et d'un coup sec me pénétra à nouveau. Je sentis alors le bâton me transpercer à l'intérieur. A ce moment là, une personne hurla mon prénom. Je me mis alors à appeler au secours. Guillaume partit soudainement en courant. Mon tonton arriva et ne pu dire alors que « oh mon dieu ». Il regarda mes jambes avec insistance. Je les regardai à mon tour et pus m'apercevoir qu'un liquide rouge coulait sur mes jambes. Ce liquide sortait de moi. Je le fixais avec détresse. Je ressentis soudain un grand vide s'emparer de moi et à partir de ce moment, ce fût le trou noir.
Lorsque j'ouvris les yeux, ma maman était là. Mon papa aussi. Ils s'appelaient tous les deux Marie et Franck. Il y avait également mes deux frères Gordon et Philippe et mon tonton. Je n'étais pas chez moi mais à l'hôpital. Je regardai ma main et vis que j'avais un long tuyau qui en sortait. Mon papa m'expliqua que cela s'appelait une perfusion et que c'était pour que j'aille mieux. J'avais mal. Non pas par la douleur de la branche de bois ou par la perfusion mais par le mal être qui avait atteint mon c½ur. Ma maman me regarda et me demanda si sa allait mais au moment où je voulus lui répondre aucun mot ne sortit de ma bouche. Je ne pouvais même plus bouger les lèvres. Je ne pouvais plus parler. Ma mère ressentit alors le problème et appela le médecin qui lui affirma que c'était à cause du choc et que, grâce à la thérapie, tout s'arrangerait. Mais je savais que le problème était plus grave que cela car en plus de ne pas pouvoir parler, je ne me rappelai plus ce qui s'était passé. Je me rappelais de tout sauf de ce qui c'était passé ce jour là. Il lui demanda alors de partir car il me fallait du repos. Tout le monde m'embrassa et ils partirent tous un à un. Dés que la porte se ferma, j'enlevai la perfusion et courus dans les toilettes. Je me regardai dans la glace et me mis à pleurer. Je me rappelais juste qu'il s'était passé quelque chose de grave et que c'était à cause de mon comportement que tout cela m'était arrivé. Je me mis alors à chercher une paire de ciseaux partout pour me couper les cheveux mais en vain. Je sortis alors de ma chambre et partis discrètement vers le bureau de la surveillante. Un coup d'½il, il était vide. J'y entrai et pris la paire de ciseaux. Je coupai une mèche, puis une autre et ainsi de suite. Mais à peine la moitié de mes cheveux coupés, une surveillante entra. Elle se mit à hurler et alerta tout le personnel de l'étage. On me demanda de me calmer. Je continuais de me couper les cheveux. Un homme me sauta dessus, me prit les ciseaux et m'allongea par terre. Lorsque sa main me saisi l'épaule, un souvenir me vint à l'esprit. Un garçon, devant moi, qui me touche. Je me mis alors à le taper et à essayer de crier mais aucun son ne sortit. Il m'injecta un produit et je m'endormis.
A partir de ce jour, je fus la plus encadrée de l'hôpital. Il y avait en permanence quelqu'un avec moi. Je commençai ma thérapie et réappris petit à petit à parler. Mes flashes étaient de plus en plus nombreux. Une pédopsychiatre s'occupait de moi pour essayer de donner une signification à toutes ces images qui apparaissaient devant mes yeux mais elle n'y arrivait pas.
Quelques jours plus tard, je retrouvai la mémoire, seulement personne n'arrivai à me faire parler de ce qui c'était passé car dès qu'on parlait de quelque chose qui me faisait penser à mon passé, je me mettais à hurler et à me taper la tête contre les murs. D'ailleurs, je n'étais plus vraiment belle car j'avais des ecchymoses et des éraflures partout sur le corps. De plus, mes cheveux étaient coupés très court, comme un garçon. Je n'étais plus vraiment joyeuse non plus. Je passais la plus part de mon temps enfermée dans ma chambre d'hôpital. Je ne discutais plus vraiment avec les gens. Je n'avais plus envie de jouer avec les enfants de mon âge. Lorsque je rentrai à la maison pour la première fois, je ne reconnus plus ma chambre. Toute ces poupées et ces peluches, je trouvais ça ridicule. Je demandai immédiatement à ma mère de jeter tout ce qui pouvait me faire penser à moi plus petite. Et c'est avec regret qu'elle enleva de ma chambre tous mes jouets et mes peluches. On changea aussi la tapisserie et la moquette pour faire place à du lambris et du parquet ainsi qu'un lit classique au lieu d'un lit baldaquin. Ma mère, qui était si belle était marquée par la tristesse. Ses beaux cheveux châtains ondulés étaient ternes et ses yeux verts étaient entourés de rouge et soulignés d'un violet montrant sa fatigue. On lui aurait donné dix ans de plus en neuf jours. Ma chatte par contre était toujours là. Elle s'appelait Jasmine. La première chose que je fis en rentrant fut de l'embrasser. Durant toute mon absence elle avait dormi dans mon lit. Depuis deux ans, elle était dans ma vie et elle était une partie de moi. Lorsque je pleurais, elle léchais mes larmes et m'apportait du réconfort. Je n'imaginais pas ma vie sans elle.
Même si j'étais rentrée à la maison, ma thérapie n'était toujours pas finie et j'étais toujours suivie par un pédopsychiatre. A ce moment là, je me promis, sans me douter du futur, que jamais je n'avouerais ce qui s'était réellement passée même si je voyais mes parents souffrir de ce long silence car je ne voulais pas à nouveau dissocier notre grande famille.
La suite seras a lire dans mon livre...